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Mathilde Boateng, athlète et coach “Les difficultés nous permettent de mûrir”

Mathilde court depuis 20 ans. Elle aime la performance, la compétition. Mais à 28 ans, elle laisse derrière elle sa carrière d’athlète de haut niveau pour se lancer comme coach sportive. À l’entendre on se rappelle pourquoi le sport est tellement indispensable au bien-être global et à la confiance en soi. Interview autour de son empowerment personnel et de son envie de le transmettre aux femmes de son entourage.

Peut-être l’avez-vous vue dans notre vidéo de teasing, ou bien lors de son cours exclusif pour Birchbox à l’Elephant Paname. Mathilde Boateng a 28 ans et quelques compétitions d’athlétisme et de triple saut au compteur. Son diplôme de coach en poche, elle est bien décidée à lancer son programme sportif et à partager ses débuts dans l’entrepreneuriat avec sa communauté. L’empowerment, c’est un peu son business finalement.

Tu es en train de te lancer en tant que coach sportive. Qu’est-ce qui t’a décidée à te lancer ?
Jusqu’à tout récemment j’étais responsable de communication dans une start-up qui fabriquait des semelles internes pour les sportifs. Mais ça fait très longtemps que j’ai envie d’entreprendre, que je sais que je vais le faire. Il fallait que je fasse mûrir mon idée, le concept de ma marque “Belle et Sportive”. Et puis il fallait que j’obtienne mon diplôme de coach sportive sans lequel on ne peut pas exercer. Prendre un peu de temps avant de me lancer m’a permis d’avoir plus d’expérience, plus confiance en moi. Je ne me voyais pas finir ma vie comme salariée. Donc je me suis lancée, je fais les choses à fond et pour le moment ça se passe bien.

Tu as un blog sur lequel tu partages beaucoup de choses : des éléments de coaching sportif mais aussi des réflexions sur tes projets. Tu y évoques les bienfaits de se forger à travers la difficulté. En quoi la difficulté peut, paradoxalement, aider à se construire ?
Le fait de faire des erreurs, d’avoir des difficultés nous permet de mieux appréhender les choses. C’est pareil en athlétisme. Quand on accède tout de suite à des performances de haut niveau, on ne savoure pas le fruit de ses efforts. Les erreurs permettent de prendre du recul, de se remettre en question. Ça nous permet de mûrir.  

Mathilde Boateng

Tu expliques aussi que tu parles peu de tes projets avec ta famille pour éviter qu’ils ne te transmettent leurs peurs.
Je peux donner un exemple : récemment j’ai dû demander des aides auprès d’organismes à Lille. Durant tout le processus, je n’en ai pas du tout parlé à ma famille, j’ai préféré faire ça seule, n’en parler qu’à mes meilleures copines. Quand j’ai eu tous les accords, je leur ai dit la bonne nouvelle. Globalement je préfère garder les choses pour moi et quand mon projet sera plus stable, je leur en parlerai davantage. Ce n’est pas parce que je n’ai pas envie de partager ça avec eux, c’est juste que la famille a tendance à transmettre ses peurs. J’ai besoin d’être focus, d’être entourée de “good vibes”. Je m’entoure de quelques personnes à qui je peux en parler. Mais j’en parle aussi sur les réseaux sociaux : c’est important de ressentir le soutien de sa communauté.

Justement quel est le rôle de ta communauté et de ton blog ? Le fait d’écrire semble important pour toi.
Je suis beaucoup plus à l’aise à l’écrit que via ma chaine youtube. À l’écrit je sais mieux retranscrire mes émotions, c’est plus facile d’être sincère. Je sais aussi que c’est grâce au soutien de ma communauté que j’avance. Parmi les femmes qui me suivent il y en a qui ont envie de se lancer et ça peut être un accélérateur. J’espère les aider à prendre confiance en elle, à faire ce qu’elles ont envie de faire, être ce qu’elles veulent être.

Ton activité promeut le sport, le fait de prendre soin de soi. Le basculement vers l’obsession du corps n’est jamais loin, non ?  Comment gères-tu la possibilité de ce pendant négatif ?
Mon discours est clairement : “Acceptez-vous comme vous êtes, ne vous focalisez pas sur un détail. Il faut se faire plaisir, vivre sa vie, et surtout ne pas la vivre à travers les réseaux sociaux en se comparant.” C’est possible de suivre des “fit girls” sur les réseaux sociaux, mais il faut savoir prendre du recul face à ces images. Peut-être que les photos ont été retouchées, on ne le sait pas. En tant que coach sportive, je donne des conseils bienveillants et je dois faire attention à la santé des gens.

Qu’est-ce que t’apporte la pratique sportive au quotidien ?
Physiquement, ça m’apporte un corps en bonne santé, un corps que j’aime comme il est. Sur l’aspect psychologique, bien sûr, ça donne confiance en soi. Socialement c’est aussi très important. J’ai un groupe d’entraînement et j’aime partager avec eux la même passion, c’est génial. On parle souvent de la motivation générale que donne le sport. C’est vrai, mais il y a plein d’autres choses, dont l’aspect social.

Quelles astuces tu donnerais à quelqu’un qui a peu l’occasion de faire du sport ? Qu’est-ce qui est le plus motivant, le plus efficace ?
Je leur dirais de tester plusieurs sports pour trouver celui qui leur convient. On a beau se faire coacher, ce qui compte c’est d’avoir sa motivation à soi, son propre leitmotiv, sinon on ne tient pas sur la durée.

Moi je fais de l’athlé depuis 20 ans, ce n‘est pas un sport à la mode et pourtant je kiffe ça depuis 20 ans. Si je n’avais fait que du fitness ça m’aurait peut-être un peu ennuyée à force. J’adore aussi l’aspect compétition. Il faut trouver ce pourquoi on aime faire du sport.

Qu’est-ce que c’est pour toi l’empowerment ?
Parfois on assimile l’empowerment au fait d’entreprendre. Pour moi ce n’est pas que ça, c’est surtout le fait de s’assumer. Quelle que soit notre situation, qu’on ait des enfants ou pas… il s‘agit de faire les choses avec amour, de se sentir bien dans ce qu’on fait et que les autres le ressentent.

La situation personnelle peut jouer aussi sur les projets. On peut s’imaginer moins forte en étant célibataire, en plus de la pression sociale qui vient peser sur les femmes autour de 30 ans. Comment vois-tu les choses ?
Je pense qu’il ne faut pas se mettre de pression. L’amour, ça viendra quand ça viendra, de toute façon, on le sent. Être en couple avec quelqu’un ne veut pas forcément dire qu’on va avancer, progresser. On peut mettre ses projets de côté pour quelqu’un, ce n’est pas forcément une bonne dynamique.

Ton blog et ton concept de coaching s’appellent “Belle et sportive”. Bon, et qu’est-ce qu’on fait quand on se sent moche ?
(Rires) C’est vrai que quand on lit ce nom, on peut penser que je me la pète… Mais pour moi belle, c’est avant tout le bien-être. Être bien dans son corps, dans sa tête, dans sa peau. Ce n’est pas être belle et se montrer. C’est aussi être intelligente. Je pense que c’est assez clair en lisant mon blog ou en allant sur ma chaîne youtube.

Je vais d’ailleurs lancer un programme de coaching à partir d’avril et j’ai lancé un message à ma communauté pour trouver des ambassadrices : je leur propose de tester le programme que j’ai mis en place, pour me donner leur retour, si elles jugent que les exercices sont trop faciles ou non, etc, pour ensuite promouvoir le programme avec moi. Elles ont toutes très bien compris les valeurs que je voulais apporter. Certaines m’ont dit qu’elles n’étaient pas super bien dans leur peau, plutôt timides – pourtant elles sont super belles, hein…- mais elles aimeraient être ambassadrice pour donner à leur tour un modèle d’épanouissement, avoir plus confiance en elle et le transmettre à d’autres femmes. C’est ce que je veux amener via Belle et Sportive.

Quelles sont les femmes qui t’inspirent ?
-Eh bien… Mathilde Lacombe (rires). Ça fait longtemps que je la suis et j’adore son parcours. J’ai acheté son livre à sa sortie.
-La présentatrice et entrepreneuse Hapsatou Sy aussi, je me reconnais pas mal en elle.
Fatou de black beauty bag.

Les clés de la réussite pour toi ? 
Travail, confiance en soi et bienveillance.